Boulettologies

L’origine de la boulette se perd dans les méandres de l’histoire culinaire. On a l’impression qu’elle a toujours existé tant c’est une forme universelle de plat, lié à sa forme primitive, si facile à réaliser entre ses mains.
La boulette contrarie parce qu’elle est ronde et bonhomme : nul ne peut aisément s’en saisir, les commentaires désobligeants glissent sur sa carapace dépourvue d’aspérités. Même malmenée, la boulette ronde retombe toujours sur ses pieds !
La boulette est ronde, c’est ce qui fait son charme; la boulette est conviviale, c’est sa qualité principale.
On la croque avec délectation voire amour.
La boulette est d’ici et de partout ailleurs, sans que la moindre restriction ne puisse être envisagée. Chaque peuple pense sa boulette unique et il a raison : elle l’est. C’est peut-être parce qu’elle n’est pas très noble mais si appréciée qu’il est difficile d’en trouver des versions établies : chacun a la sienne, toujours meilleure que celle du voisin, puisque en provenance directe d’une grand-mère.

La boulette est simplette, La boulette dérange, la boulette inquiète, elle prête même à sourire :
ne dit-on pas de celui qui a commis une erreur qu’il a fait une boulette ? Quelle hérésie !
Car faire une boulette, en cuisine, est drôlement compliqué : elle ne doit être ni trop sèche, ni trop moelleuse, ni trop cuite, ni pas assez, ni trop goûteuse, ni insipide. Si elle reste telle quelle ou simplement passée dans la farine ou le riz avant cuisson, elle reste boulette. Légèrement aplatie pour une meilleure cuisson, elle devient galette, et la panure puis la friture la transforme en croquette. Pochée dans l’eau, elle devient… quenelle, voire gnocchi, et si on l’entoure de pâte, on obtient le ravioli !

C’est un Art que de confectionner des boulettes !